« Si la vérité est de droite, alors je suis de droite » (1 ère partie)

Nous commençons cet article par cette phrase d’Albert Camus, lui qui fut victime des rouges, traité de « hyène lubrique » par Sartre et ses amis pour avoir « trahi » la cause des travailleurs et la gauche. En effet, ce mal pensant avait eu l’outrecuidance de dénoncer les crimes de Staline. Notons au passage, la teneur des arguments : ce ne fut qu’invectives, insultes et calomnies. Nous les avons revus à l’œuvre tous ces biens pensants, faisant la chasse aux « réacs », au nouveau « facho » « raciste », « islamophobe », de Politis à l’Obs, Libération, les listes furent dressées…. L’Humanité traite Finkelkrault de « pseudo philosophe » sans dire en quoi il ne serait pas un philosophe. Politis classe dans les réacs des gens comme Finkelkrault, mais aussi Fourest, Val ou Badinter taxés de « réacs de gauche » ! Mais Politis ne dénoncera pas Ramadan comme « réac », malgré ses prises de positions sur la liberté de conscience ou l’homosexualité… L’essentiel est de lister et prononcer la sentence…
Quand Finkelkrault se rend à Nuit Debout, il se fait virer, insulter, menacer de recevoir « Des coups de latte » et même cracher dessus… Comment qualifier ce comportement ? Sinon de fascisme rouge ? Mais, il est vrai que quand à gauche on utilise la violence c’est pour la bonne cause ! Il s’agit d’un acte « révolutionnaire ». Nuit Debout fut présenté comme un mouvement spontané, voire « apolitique », sans chef, une agora où tout le monde pouvait s’exprimer, les faits démontrent tout le contraire ! Le gourou gauchiste Lardan ose déclarer : « ce pays est ravagé par deux violences, la violence du capital et la violence identitaire et raciste dont Alain Finkielkrault est un des premiers propagateurs ». Notons au passage que le PIR (Parti des Indigènes de la République) était présent à Nuit Debout, or, c’est un parti identitaire et raciste… Que dire des commissions soutenant le port du voile islamique ? Ce n’est pas identitaire et communautariste ? Quand on parle de l’islamophobie (uniquement bien sûr, pas question de parler de judéophobie ou de christianophobie) n’est ce pas un sujet « identitaire » ? Bien sûr, Lardan se garde bien de dire en quoi Finkielkrault est raciste : la sentence suffit. Notons au passage, que parmi les Nuits Debout on a vu débouler des personnes ayant des discours parmi les plus obscurantistes, contre la vaccination par exemple, mais cela n’empêche pas de dormir nos gauchistes, puisqu’ils sont les « progressistes », eux ! Frédéric Lordon, qui n’est pas un « chef » mais qui parle au nom de tous (que d’hypocrisie) déclare « nous ne sommes pas ici pour être des amis avec tout le monde, nous n’apportons pas la paix ». Très bien, mais alors qu’il assume un peu, il ne faut donc pas dire que ce mouvement était spontané, apolitique, ouvert à tous et démocratique… Ce mouvement, après avoir planté glorieusement deux plans de tomates biologiques sur la place de la République est mort de lui-même…
Le système capitaliste américano sioniste a eu chaud… Car bien sûr, ce mouvement « apolitique et spontané » appelait au boycott -du seul- Israël, la fixation pathologique de tout bon militant du PCF en passant par le NPA, PG et autres groupuscules. Si on s’inquiète (de Laurent, Besancenot, Mélenchon, Autain…) du sort des palestiniens, on ne s’inquiète jamais pour les tibétains, les kurdes, les chrétiens d’Orient, les yazidis… Mais, il ne faut pas avoir le moindre soupçon d’antisémitisme puisque la gauche est forcément antiraciste. Dès lors seul Le Pen peut être antisémite, le « Durafour crématoire » ne passe pas, tous les gauchistes dénoncent le retour de la bête immonde, mais quand Siné affirme « qu’il est antisémite et qu’il veut dessiner des croix gammées Rue des Rosiers » c’est silence radio, ou on le défend comme on peut, « il avait bu », il aime bien « provoquer »… Ben tiens… Silence radio aussi quand il s’agit de l’antisémitisme venant de la part de musulmans. Citons là un exemple, quand Kenza de Loft Story dit à la télévision à une colocataire qu’elle va se faire éjecter du loft car elle est irakienne et que la télé est aux mains des yahoud (les juifs), il n’y a pas de déclarations outrée de la gauche, par contre, quand le penseur d’extrême droite Renaud Camus déclare dans un livre qu’il y a trop de juifs à France Culture il y a plus d’une trentaine d’articles dans la presse nationale pour condamner ces propos (1). « Les morts aux juifs » entendus lors de manifestations pro palestiniennes n’ont jamais été condamnés par l’extrême gauche et pour cause : elle était elle aussi dans ces manifestations.
Une bonne partie de la gauche joue sur la condamnation morale, l’invective, la calomnie et cela ne date pas d’aujourd’hui. Nous allons ici citer quelques exemples. L’un des procédés utilisés consiste à dire que la personne aurait quitté « le bon camp » pour rejoindre celui d’en face, même si cela est faux. Cela démontre le fait que l’on a à faire à des dogmatiques et des machiavéliques : si tu n’es plus d’accord avec nous (même sur un point), alors tu es contre nous, donc un ennemi qui sera qualifié par un mot. Il existe par exemple « social traitre », «petit bourgeois », « hitléro-trotskiste », « contre révolutionnaire », « ennemi de classe », « facho », « réactionnaire », « raciste »…. Doriot en fut victime (2). Dans les années 30, il est un militant communiste et antifasciste reconnu. Lors d’un voyage en Allemagne, il comprend que la montée du nazisme est favorisée par la lutte féroce opposant les communistes aux socialistes. Ceux-ci considèrent que les socialistes sont des « ennemis de classe » à la solde de la « bourgeoisie ». Pour Doriot, les partis de gauches doivent s’unir. Dès lors le Parti Communiste va le dénoncer comme « partisan d’une dérive droitière » puis, il sera exclu du Parti. Avec l’arrivée du Front Populaire, Doriot voit se réaliser son projet, cependant, les communistes pourchassent l’exclu en l’empêchant de participer au pouvoir. Dès lors, Doriot ayant vécu une chasse aux sorcières va devenir anti-communiste et rejoindre la Collaboration. Notons au passage que le Parti Communiste Français sabotera l’effort de guerre en 1939 en appelant à la désertion, car les ouvriers allemands et français ne devaient pas se battre entre eux. Pour ce Parti, le nazisme ou une démocratie, c’était du pareil au même : ce sont deux états « impérialistes, bourgeois ». Après l’arrivé des nazis à Paris, la première chose que va faire le PCF, c’est demander une autorisation de republication pour l’Humanité… Une vraie « dérive droitière » pour le coup ! Il faut dire que l’URSS et le Reich nazi ont signé une alliance. C’est Staline qui a permis aux panzers (chars d’assaut) et autre stukas (bombardiers nazi) de ravager la France ! En effet, l’URSS a fourni du pétrole, des métaux rares, du blé. Une fois la France perdue, seule l’Angleterre fera face aux nazis tandis que les rouges vendront le pétrole nécessaire aux bombardiers nazis. Le 7 septembre 1939, Staline déclare « la division entre ceux des Etats capitalistes qui sont démocratiques et ceux qui sont fascistes a perdu sa signification antérieure. Le Front Populaire uni avait été formé pour améliorer la situation des esclaves du travail sous le régime capitaliste, tandis que dans les conditions de guerre, c’est l’abolition de l’esclavage au sens propre du terme qui est en question. Soutenir le Front Populaire (…) c’est retomber sur des positions bourgeoises »(3). Cela ne manque pas de sel quand on sait que l’URSS, contrairement à la France ou l’Angleterre est un pays esclavagiste, puisque plusieurs millions de personnes sont enfermées et contraintes de travailler gratuitement dans des conditions atroces dans les goulags !
En novembre 1949, l’ancien déporté David Rousset lance un appel aux survivants des camps nazis et à leurs organisations afin de créer une commission d’enquête sur les camps de travail en URSS (4). Ce fut le premier à lancer le débat en France sur les camps de concentrations communistes. Celui-ci fut injurié avec une violence inouïe par le PCF et bon nombres d’intellectuels de gauche dont Sartre. On l’accusa de falsification. Il y eu un procès contre l’hebdomadaire communiste Les Lettres Françaises qui accusa David Rousset de faux et usage de faux. Citons un passage de L’Humanité (Simone Téry dans l’Humanité du 24 novembre 1949) qui est prêt à tout pour justifier l’indéfendable « les camps soviétiques sont des camps de rééducation par le travail à destination des ennemis du peuple. « Faire travailler les oisifs », M. Rousset trouve qu’il s’agit une atteinte à la dignité humaine. Mais nous, nous trouvons ça très bien. « Les zazous au boulot ! » crient nos gars dans les manifestations ». Le culte de l’esclavagisme, du travail comme sous Pétain « travail, famille, patrie » ou les nazis « le travail rend libre », la haine des « oisifs » des marginaux « les zazous » est sans doute plus « progressiste » et non réactionnaire quand c’est écrit par une communiste ? Et que dire des propos tenus par des communistes sur les témoignages de détenus des goulags venus soutenir M. Rousset traité de « mythomane illettré », d’ « anormal psychique » et de « détritus humain » ? Sinon qu’ils ressemblent aux propos orduriers des Hitler et autre Mussolini ? Quant au Parti Communiste Allemand, un des responsables (Hermann Remmele) déclare en 1931, que « l’arrivée au pouvoir des nazis réalisera l’unité ouvrière ».Un autre dirigeant du KPD (Thälmann) déclare que « l’arbre du nazisme ne doit pas cacher la forêt de la social-démocratie ». Quand, un an plus tard Trotski appelle à une union entre sociaux-démocrates et communistes, le journal communiste allemand Der Rote Afbaule qualifie cette proposition de « théorie d’un fasciste débridé contre révolutionnaire ». En traitant de social-fasciste le parti socialiste, le parti social-démocrate, les communistes faciliteront l’accession des nazis au pouvoir (5).

Régis Boussières

(1) Le nouveau bréviaire de la haine, Gilles William Goldnadel, éditions Ramsay.
(2) La conversion politique de Doriot, le PPF et la question du fascisme français, Laurent Kestel, raison d’agir.
(3) L’aveuglement, Marc Ferro, éditions Tallandier.
(4) La fraternité de nos ruines, écrits sur la violence concentrationnaire 1945-1970, David Rousset, Fayard Histoire.
(5) Staline contre Troski, Alain Frerejean, éditions Perrin.

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